#7 Un coup de fil inespéré !...



Dimanche 21 novembre 2021

On arrive sur notre spot encore de nuit !


Nous nous réveillons sous la grisaille. La pluie a cessé mais le sol est toujours détrempé. Il faut marcher comme des cosmonautes pour ne pas que la boue gicle sur nos jambes à chaque pas. Après un petit déjeuner copieux, Cyril rentre les slides. Nous nous acquittons d’une participation de 480 pesos soit une vingtaine d’euros, ce qui est largement mérité pour deux nuits dans un tel endroit (même sous la pluie).


Nous partons tôt car nous allons avaler 526 kilomètres aujourd’hui. Nous faisons le chemin retour à travers la jungle mais de jour. C’est tout aussi beau mais sûrement un peu moins mystérieux.


Nous contournons le lac de Nanciyaga. Nous nous arrêtons devant un point de vue magnifique pour prendre quelques photos. C’est évident qu’il y a énormément à faire dans ce coin du Mexique mais nous aspirons à une météo plus clémente pour l’instant.


Nous quittons peu à peu les montagnes et la végétation luxuriante. Nous traversons énormément de petits villages au pas comme les « topes » nous l’imposent. Puis nous empruntons quelques tronçons d’autoroutes payantes. Autoroute au Mexique ne signifie pas la même chose qu’en Europe. Vous pouvez y trouver des trous béants sur la chaussée, des dos d’ânes, des « topes », des « zones de vibrations » souvent avant un contrôle de police par exemple. Certains véhicules roulent également sur la bande d’arrêt d’urgence, souvent pour laisser passer le véhicule qui les précède. Les camions roulent à tombeaux ouverts et doublent sans complexe. Bref, il faut être vigilants !


Sur la route il y a encore de nombreux vendeurs et nous nous laissons tenter par de la noix de coco ainsi que par quelques mandarines. Ce sera notre repas de midi...




Force est de constater que nous avons encore sous-évalué notre temps de route puisque la nuit tombe et que nous avons encore un peu moins d’une heure de route. Nous traversons des villages tout en longueur qui sont fait en tout et pour tout d’une rangée de maisons à droite donnant sur le golfe du Mexique et d’une autre rangée de maisons à gauche donnant sur la lagune séparée par une unique route (sans oublier les « topes » tout les 50 mètres !). Il en résulte une forte circulation et de nombreux ralentissements.


Nous passons plusieurs viaducs très impressionnant. Le premier particulièrement haut auquel il manque tout simplement les barrières sur les côtés suites à ne nombreux accidents est particulièrement dangereux, Cyril se place sur la file de gauche. J’ai une pensée pour toutes ces personnes qui ont fait le grand saut…


Les deux suivants sont impressionnants par leur longueur et leur emplacement. Tous ces ponts ont un coût et nous avons payé respectivement 93 $ (3,88 €), 80 $ (3,33 €), 85 $ (3,54 €). Concernant l’autoroute tous les tronçons réunis nous ont coûté 84 $ (3,49 €). Je regrette vraiment qu’il fasse nuit car du coup je n’ai aucune image à vous partager…


Nous arrivons enfin à l’auberge à Isla Aguada. Nous passons un grand porche et nous garons le camion. Un homme arrive à notre hauteur d’un pas chaloupé. Il nous regarde comme si nous étions des extras terrestres puis nous dit d’attendre. Il tourne les talons et s’en va pour revenir avec une petite dame âgée d’environ 70/75 ans, qui n’a rien de Mexicain, très énergique et parlant anglais, nous le saurons plus tard elle est de nationalité Allemande. Je comprends que c’est elle qui tient les rênes (en l’occurrence les rênes ici sont de braves mexicains à ses ordres). Elle nous demande de contourner le bâtiment (partie chambre d’hôtes) et de nous installer, nous nous exécutons. Cyril se met sur l’encart réservé au camping-car mais là voilà qui rapplique et nous demande de manœuvrer pour bouger de quelques centimètres…


Elle me demande ensuite de la suivre dans son bureau pour effectuer notre check’in. Là commence un véritable sketch. En me tournant le dos, elle ouvre doucement un de ces innombrables placards qui occupent entièrement 3 pans de mur. Elle en sort une boite qu’elle met un petit moment à ouvrir et en sort un masque qu’elle se met aussitôt. Elle referme le placard encore plus doucement qu’elle l’a ouvert comme si les gons pouvaient lâcher d’un moment à l'autre… Elle se retourne, j’ai l’impression qu’elle est au ralenti, elle vient s’assoir tel un ministre devant son bureau et me demande enfin de m’assoir en face d’elle. Elle me demande d’écrire mon nom et mon prénom sur un bout de papier et me demande mon passeport. Elle chausse lentement ses lunettes, prend une loupe et examine mon passeport comme si j’avais une tête de terroriste… Elle prend le petit bout de papier et vérifie alors que les noms correspondent bien à ce que j’ai écrit ! Cyril non loin de là ne rate rien de la scène et se marre bien ! Elle finit par me rendre le passeport et je m’acquitte de 900 pesos soit 37 € pour 3 nuits, ce qui est à peu près dans les prix… Puis, elle me libère enfin. Drôle d’oiseau que cette petite bonne femme pète-sec.


Cyril déploie les slides, il fait nuit noire mais on devine la plage et on entend le vas et viens des vagues tout près du camion, je pense que demain nous aurons une belle surprise. Nous mangeons rapidement une salade de tomates et de concombres avec d’excellents avocats, mon nouveau péché mignon ici au Mexique puis nous profitons des douches chaudes de l’hôtel. Après avoir roulé 526 kms ce n’est pas un luxe, croyez-moi ! Nous avons bien une douche dans le camion mais nous n’avons toujours pas fait le plein d’eau…


Nous dormons toutes fenêtres ouvertes et nous nous endormons avec le ressac des vagues, une petite brise marine nous rafraîchie à travers les moustiquaires.


Lundi 22 novembre

Un réveil en beauté


Lorsque nous nous réveillons le spectacle est unique ! Juste à 10 mètres du camion se trouve une plage de sable blanc, des palmiers et des oiseaux par dizaines !






Nous installons la table pour déjeuner devant ce panorama exceptionnel. Là un couple de motards allemands nous conseille de regarder les dauphins, qui, tous les matins, font leur parade sur la baie. Effectivement, c’est magique. Nous les observons durant pratiquement 2 heures en buvant notre café, elle n’est pas belle la vie ?




Malgré son nom Isla Aguada n’est pas une île mais quelques kilomètres de terre qui séparent le golfe du Mexique de la lagune « Term ». C’est cette situation privilégiée qui lui donne tout son charme puisque d’un côté on y trouve des plages de sable de la mer et de l’autre les plages du lagon.


Nous faisons beaucoup de photos, il y a énormément d’oiseaux majoritairement des pélicans. Il fait extrêmement chaud. Les moustiques nous tournent autour et nous consomment avec appétit malgré les lotions anti moustiques… Tout n’est jamais parfait !



Nous partons explorer les environs dans l’après-midi et un mexicain nous propose une sortie sur la lagune pour aller observer les dauphins puis aller découvrir une île déserte. Nous nous laissons guider et il nous amène sur le quai où démarrent les bateaux et nous donne sa carte de visite. Il y a énormément d’oiseaux sur le quai !







Nous lui donnons rdv le lendemain à 10h. Il a l’air très sympathique et comme nous avions prévu de faire cette petite sortie en bateau, tout est parfait. Il nous propose 750 pesos pour cette sortie. Nous rentrons au camping. Je prépare le dîner quand débarque la petite bonne femme pète sec.


Sur un ton plutôt vindicatif elle nous propose une sortie en bateau. Mais on comprend en fait, qu’elle a déjà tout planifié, elle nous dit qu’une française de passage dans son hôtel viendra avec nous et que le prix est de 1500 pesos. En fait on va la baptiser Kim Jong-un ! Un vrai petit dictateur ! Elle fait une drôle de tête lorsque je lui dis que nous avons déjà réservé notre sortie. Là elle me demande à qui nous avons eu à faire. Je dégaine ma carte qu’elle examine attentivement. Du coup, elle nous demande si la « française » peut venir avec nous et nous lui confirmons qu’il n’y a aucun souci. Nous en restons là, elle repart un peu contrariée.


Nous faisons connaissance avec « la française » en question un peu plus tard dans la soirée et discutons autour d’un apéro de son voyage au Mexique. J’ai hâte d’être à demain, la sortie en bateau va être vraiment sympa !


Mardi 23 novembre

Sur une île déserte


Après une nuit tranquille nous déjeunons devant le spectacle des dauphins, nous ne nous en lassons pas !


Il est 9h00. Nous voyons un bateau de pêcheur débarquer sur la plage et nous nous faisons la réflexion « tiens, il doit y avoir des touristes qui ont réservé une sortie ici aussi ». Nous nous préparons tranquillement pour la sortie sur la lagune pour 10h quand débarque Kim Jong-un avec 2 mexicains et notre guide rencontré hier l'air tout penaud. Là s’engage une conversation qui tourne au règlement de compte. Elle m’assure que tout est réglé et qu'il s'agit de la même famille (j'ai un petit doute), que nous partons avec l’autre équipe. Je discute un peu avec notre guide en lui expliquant que je suis désolée, que je ne comprends pas pourquoi elle fait tant d’histoire et j’apprends qu’elle a appelé son « patron » hier soir et que les touristes sur ce camping sont « chasse gardée », il me fait vraiment de la peine.


Nous embarquons donc pour notre sortie en barque. Les dauphins que nous observions le matin en prenant notre petit déjeuner sont là, tout près. Ils sont majestueux, il y en a 3000 dans cette immense lagune.


On observe aussi de nombreuses espèces d’oiseaux puisque c’est un point de rencontre unique entre les oiseaux migrateurs du nord et du sud du continent américain. Bref, nous en prenons plein la vue ! Alexandre est heureux, Paco est de la partie aussi et on peut dire qu’il a le pied marin.










Nous débarquons ensuite sur une île complètement déserte, une vrai carte postale. C’est un de ces moments où la beauté d’un paysage vous dépasse et vous extirpe quelques larmes (de bonheur et de reconnaissance) …










Cyril sort le drone et fait quelques prises de vue.


Nous rentrons comblés de cette expédition.



Il y a beaucoup de chiens errants au Mexique et en principe ceux qui sont en ville sont très gentils et attachants. Trois d’entre eux sont tolérés sur le site dont un était constamment avec nous, enfin, avec Paco ! Nous l’avons baptisé Atchoum car, il faut le voir pour le croire, pour s’attirer les grâces des humains il a imité le sourire des hommes, mais on voyait qu’il se forçait au point qu’une fois sur deux il éternuait ! Cela amusait énormément Alexandre. Ma théorie du sourire est peut-être un peu trop optimiste peut-être aussi avait-il un virus quelconque… Mais je préfère rester sur ma version beaucoup plus sympathique…


Dans l’après-midi nous sommes interpellés par le même cri strident que nous avions entendu dans la jungle, et oui, un couple de perroquet s’amuse à nous narguer au-dessus de Bumblebee. Je sors mon appareil photo… Shooting !




Mercredi 24 novembre 2021

Un coup de fil inespéré !


C’est la sonnerie de mon téléphone qui m’extirpe d’un sommeil profond. Je regarde mon écran… Ma fille !! Il est 5 h je décroche aussitôt car j’ai peur qu’il ne soit arrivé quelque chose, après ce qui s’est passé avant notre départ et son très long silence j’avoue que mon sang n’a fait qu’un tour.


He bien non ! Je retrouve ma Céline aimante, curieuse, bavarde comme je l’aime ! Mon bonheur est total voilà une journée qui commence très bien ! Nous discutons de tout et de rien durant plus d’une heure. Je n’aborde aucun sujet qui fâche et ne lui fais aucun reproche, une maman cool quoi ! Je lui fais une visite de notre bivouac en live et nous assistons ensemble au lever de soleil, elle est ravie, je suis soulagée et comblée ! Mon bonheur est désormais total. Je suis une maman qui déchire !


Evidemment je ne me rendors pas, comment le pourrais-je ?


Je prépare un bon petit déjeuner devant le spectacle offert par les dauphins et du soleil levant, ce site est vraiment magnifique et très photogénique.


Cyril me rejoint et nous discutons de notre destination. Ce sera Lerma sur un spot en pleine ville apparemment safe, nous verrons bien.


Nous rangeons un peu, Alexandre déjeune contrarié de ne pas rester un peu plus ici. Cyril ferme le camion et nous voilà partis sur les routes en direction de Lerma de Villada dans l’état de Campeche à 172 kms de là.


Nous faisons quelques photos à la sortie de la ville où nous assistons au ballet des pélicans nourris par les pêcheurs du coin.




Nous prenons une route interminable et toute droite bordée de plages de sable blanc, nous sommes dans le golfe du Mexique.



L’eau est agitée et tire sur le marron sur les bords et plus sur le turquoise au loin. Soudain, la police sur le côté nous demande de ralentir… En effet, un camion dont la seconde citerne s’est décrochée est dans le fossé. C’est impressionnant et c’est dans ces moments-là que je me dis que la vie ne tient vraiment qu’à un fil. Et si nous étions partis sans prendre les dernières photos à Isla Aguada ? Peut-être qu’on aurait pu se le prendre en place face…


Nous longeons ensuite des mangroves. Ces zones humides sombres et inquiétantes où les racines s’enchevêtrent les unes dans les autres et où je vous laisse imaginer toutes les bébêtes que l’on peut y trouver…J’essaierai de vous faire des photos un jour mais pour l’instant je suis encore restée à distance. Ça viendra, je fais des progrès tous les jours concernant ma phobie des insectes, si si !


Ceci étant, elles sont importantes pour la biodiversité et on peut noter que l’état de Campeche est connu pour être l’état avec la plus grande perte d’hectares de mangrove par an. Selon l’organisme national, de 1980 à 2015, Campeche a perdu un peu plus de 17 000 hectares et de 2015 à 2019 environ 8 000 hectares supplémentaires ! Tout ceci à cause de construction d’hôtels, l’expansion des zones urbaines.


Nous arrivons dans le petit village de pêcheurs, Lerma. Nous nous stationnons sur le fameux point Ioverlander mais ni Cyril ni moi ne validons cet endroit. Nous observons trois plongeurs pêcher des poulpes magnifiques, on a l’impression qu’ils sont venus directement s’embrancher sur leur harpon tellement il y en a. En sortant de l’eau, l’un deux nous montre sur butin, pas peu fier.




Comme il est environ 15h nos estomacs, qui ont vraiment leur horloge biologique complètement détraquée, crient famine. Nous allons donc dans un petit restaurant typique avec 3 tables dehors donnant sur la mer. Nous goutons au poulet pané au coco c’est juste à tomber !!



Nous poursuivons donc notre route vers Campeche où nous dormirons sur le parking d’un hôtel, autre point Ioverlander. Nous profitons de la piscine bien sympa, de nuit évidemment puisqu’il est 17h30 quand nous arrivons.



Nous soupons dehors car il fait très chaud. Les moustiques sont là mais moins virulents qu’à Isla Aguada. Demain, nous irons visiter le centre-ville historique.


Jeudi 25 novembre 2021

Campeche, une ville haute en couleur


Après un petit déjeuner en compagnie de deux chiens errants qui s’amusent avec Paco, nous rangeons et fermons le camion. Nous voilà partis pour la visite de Campeche.


Nous trouvons une place pour Bumblebee juste devant la cité après avoir fait deux fois le tour de la ville (j’exagère à peine). Un sapin immense trône à l’entrée, bon sang, on n’arrive pas à réaliser que dans un mois c’est Noël ! En même temps, qu’est-ce que ça va changer pour nous ? Puisque c’est Noël tous les jours depuis notre arrivée au Mexique !



Nous marchons dans les rues, il fait chaud, c’est superbe toutes ces couleurs ocres, orange, bleu, fuchsia…



Soudain un bruit particulier attire mon attention et ma curiosité m'amène devant une fenêtre ouverte et là... Un cours de claquettes !!



Nous mangeons dans un petit restaurant près de l’entrée et nous décidons d’aller à la cité Maya « Edzna ». De plus, apparemment on peut dormir devant l’entrée !


Nous faisons 52 kms sur une route large et en bon état. Nous nous arrêtons faire quelques courses et surtout prendre de l’eau. Il y a beaucoup de champs de maïs. Une fois à la cité, les gardiens nous proposent de nous placer sous les arbres tout près de l’entrée, c’est gratuit et c’est apparemment safe. Il y a beaucoup d’iguanes un peu partout. La chaleur est étouffante. Dès que l’on s’agite on suffoque ! On comprend mieux pourquoi les mexicains sont toujours au ralenti ! Il en va de leur survie !


Avec cette chaleur nous n’avons pas envie de grande cuisine ni de manger chaud. Nous mangeons un petit taboulé avec du thon, du concombre et quelques tomates et de la semoule trouvée difficilement. Ensuite, chacun vaque à ses occupations avant de s’endormir.


Vendredi 26 novembre 2021

On se fait arrêter par la police !


La nuit a été calme ponctuée par quelques tirs de pétards, première occupations des Mexicains la nuit tombée mais nous nous y sommes habitués.


Après le petit déjeuner, nous allons visiter le site maya, nous sommes seuls !! Il est magnifique et nous ne sommes sollicités par aucun marchant, la visite est zen, on apprécie vraiment. De plus, nous pouvons grimper sur certains édifices pour le plus grand plaisir d’Alexandre. On voit beaucoup d’iguanes qui lézardent au soleil. Le site est quand même ombragé et la balade n’est pas pénible du tout. Bref, vous l’aurez compris on a vraiment aimé !


Après s’être rafraîchis, nous reprenons la route pour 230 kms jusqu’à Mérida dans l’état du Yucatan.


Nous empruntons plusieurs types de routes, des belles où l’on peut rouler sereinement et des étroites à trous qui nous obligent à rouler au pas. A l’entrée du Yucatan la police nous fait signe de nous arrêter. A première vue on comprend qu’ils veulent nous chercher des poux dans la tête pour encaisser quelques pesos, soit, je descends et j’applique les consignes en vigueur dans ces cas-là : Ne pas parler espagnol et garder le sourire.


L’un deux me fait voir la plaque d’immatriculation et m’assure que c’est une plaque décorative et donc non règlementaire, je lui dis que non et lui baragouine des explications et lui fait voir que les deux plaques sont les mêmes. Insatisfaits ils me demandent les papiers d’importation de Bumblebee que je leur dégaine aussitôt. Ils les étudient en gardant leur air suspicieux, font semblant de chercher le renseignement sur leur téléphone et me disent que c’est ok tout en me rendant les papiers. Nous pouvons alors repartir. Je ne suis pas peu fière de nous avoir dépatouillé de ces policiers en manque de contraventions !


A l’entrée de Mérida, nous nous arrêtons dans un burger king pour faire plaisir à Alex. Il s’agit de quelques tables et d’un guichet à l'extérieur où on fait notre commande. Le tout étant en bord de voie rapide et le masque n’aidant pas du tout je mets 3 ans à faire ma commande ! On attend encore 3 ans de plus pour être servis et nous voilà entrain de savourer nos délicieuses frites et notre hamburger dans un vacarme assourdissant… Y’avait longtemps !


Nous traversons rapidement Mérida car nous sommes assez fatigués par la chaleur et le voyage et surtout nous n’avons toujours pas mangé… Il est pas loin de 17 heure et la nuit commence à tomber (nous nous y ferons jamais !).



Notre point de chute à Mérida est une auberge de jeunesse. Nous pourrons profiter de la piscine et surtout de la douche. Je retrouve ici l'ambiance des alberges espagnole où je dormais lors de mes haltes sur les chemins de Compostelle en Espagne. L'ambiance est très babacool et les blackpakers défilent.


L’accès au terrain est un peu étroit mais la cour est correcte. Nous apercevons des iguanes énormes sur les murs.


Je prépare à manger et après un plouf dans la piscine nous nous mettons à table pour un apéritif bien mérité. Nous mangeons des pâtes et quelques saucisses fluorescentes (oui ! cela existe ici et je ne veux pas savoir comment elle sont fabriquées, pour une fois on ne va pas mourir). En fait, dans les petits commerces il n’y a que des chips et des sodas il est difficile de trouver quelque chose de sain à manger !


Les moustiques ici sont féroces, ils attaquent dès que nous mettons un pied dehors. Nous usons et abusons de l’insect écran mais j’ai l’impression que c’est inefficace. Les moustiquaires sont de rigueur dans le camion !


Samedi 27 novembre

Coucaratcha !


La matinée se passe tranquillement. Alex s’éclate à la piscine, Cyril travaille sur la video de notre shipping. Après manger nous nous reposons car la chaleur est étouffante.


Vers 17h, à la tombée de la nuit, nous partons faire un tour dans le quartier et nous assistons à un mariage nocturne dans une église ouverte et juste à côté se déroule un match de baseball féminin. Alexandre paraît très intéressé et nous nous installons dans les gradins. Cela m’a permis de comprendre enfin les règles de ce sport qui en France n’est vraiment pas connu.


En revenant, Cyril prépare un plateau de brochettes de fruits qui sera notre souper. On s’installe au bord de la piscine. On mange tranquillement quand passe au milieu de nous un cafard, oui ! un cafard ! Je sais bien que c’est normal ici mais quand même je me lève d’un bond et je fais fuir la bestiole. Nous finissons le repas plus ou moins en alerte.


Dimanche 28 novembre

On nous vend un spot de rêve ?!


La nuit fût difficile car très chaude. Déjà au petit matin il fait 26°… Le déjeuner se résume en un café et une banane pour tous avec un immense verre d’eau. Avec cette chaleur moite (97% d’humidité), rien d’autre ne peut passer à cette heure-ci.


Nous mettons le cap sur Celestum. Nous « suivons » plusieurs voyageurs sur Instagram qui lâchent parfois quelques coordonnées de spots bien sympa. Mais c’est un peu la loterie. En effet, nous avons parfois des surprise, la date à laquelle elle est allée sur ce spot, la méteo, on peut avoir des mauvaises surprises… Et ce fût le cas pour Célestum.


La route est tellement monotone que je m’endors, c’est vous dire ! On ne voit absolument rien sur les côtés, il y a un mur végétal naturel d’au moins 2 mètres de haut. A noter, les panneaux "attention traversée de jaguars"...



Nous arrivons à Célestum. On visite rapidement le centre-ville qui se résume en une place et un pâté de maisons et de commerces de fortune autour et faisons quelques photos. Nous sommes un peu déçus. Ce n’est pas ce qu’on imaginait.



Nous allons sur la plage pour voir la mer. Aussitôt nous sommes alpagués par des mexicains voulant nous vendre un tour dans la lagune pour observer les flamants roses. Les restaurants de plage, collés les uns aux autres, n’affichent aucun prix et c’est la première fois que je constate cela. La mer n’est pas accueillante, elle est loin d’être translucide et il y a pas mal de vague.


Nous décidons d’écourter notre visite après avoir acheté des légumes et des fruits puisque nous comptons rester plusieurs jours sur ce spot parfait.


Nous arrivons au port de pêche où se trouvent des dizaines et des dizaines de barques de pêcheurs qui utilisent des énormes bambous en guise de cannes à pêche fixés à l’avant et parfois aussi à l’arrière du bateau. Les bateaux sont entassés parfois les uns sur les autres…



Les déchets jonchent le sol et une odeur pas très sympathique envahie le camion… Un peu plus loin une énorme décharge à ciel ouvert fume… Un mexicain sur les immondices remue le feu pour qu’il élimine le maximum de déchet. Je ne donne pas cher de sa peau à ce pauvre homme… Soudain je regarde sur la gauche et là un spectacle incroyable dans un tel endroit s’offre à nous ! Une colonie de flamants roses se prélassent dans la lagune surveillée par une horde de vautour. Je mitraille tout ce beau monde à la vitesse grand V pour nous sortir de cette atmosphère nauséabonde !




Nous faisons quelques kilomètres et nous arrivons sur le spot. Il y a plusieurs voiturettes avec quelques mexicains qui semblent être là pour un bon moment. Certains pêchent. Nous ne voulons pas les déranger et partons un peu plus loin. Nous trouvons bien un endroit mais il y a beaucoup de sable, Cyril tente, il s’enlise un peu mais repart assez facilement. Nous partons un peu plus loin encore et ce n’est pas mieux. La mer est très agitée et ce n’est pas encore aujourd’hui que nous pourrons nous baigner. De plus, avec la décharge à quelques kilomètres de là nous ne sommes pas emballés par même un petit bain, oui, je vous l’accorde nous sommes délicats… Mais il faut savoir que lorsque Alexandre se baigne, il avale de l’eau, il ne ferme pas sa bouche pour nager et il est tout le temps en apnée. Du coup, il est plus sensible aux bactéries et autres réjouissances, et si vous êtes des fidèles lecteurs, vous savez comment cela finit !


Nous revenons sur le spot précédent mais en restant sur le chemin. On s’installe pour la nuit. Le vent se renforce et nous ne pouvons même pas manger dehors. Les moustiques nous attaquent littéralement, bref, ce n’est pas notre meilleur moment ! J’essaie de faire à manger à l’intérieur du camion sans trop chauffer car bien sûr il fait très lourd. Il fait déjà nuit. Chacun s’occupe à l’intérieur puis nous nous endormons avec le bruit de la mer qui gronde et le sifflement du vent dans les arbres.




Lundi 28 novembre

Tempête tropicale


La nuit portant conseil, nous décidons d’aller sur un autre spot, près de la ville de Sisal à 87 kms de là. C’est un peu la même configuration, bord de plage, pêche possible, belle plage et la personne y avait même pêché des langoustes, oui je dis bien des langoustes…


Nous arrivons à Sisal, une jolie petite ville de pêcheurs. Nous pénétrons dans les terres, derrière le village et juste derrière le petit port (où il y a aussi des déchets mais en moindre quantité qu’à Célestum) nous prenons un chemin de 5 kilomètres. Ce que nous voyons depuis la piste est prometteur. Nous arrivons sur le spot, la mer est agitée mais nous avons l’espoir qu’elle se calme d’ici 1 ou 2 jours. Nous nous installons à la fin du petit chemin, la vue est sympa. Cyril installe l’auvent, la table, les chaises pliantes, bref on fait un peu notre nid !


Nous décidons de nous détendre en faisant une petite grillade. Cyril sort le barbecue et ses talents de grillardins (les grillades et Cyril c’est toute une histoire !). Tout se passe bien, nous nous versons un petit verre pour l’apéritif quand le ciel s’assombrit soudainement. Non… Nous recevons quelques gouttes en guise d’avertissement. Finalement, le ciel nous fait grâce de la pluie et nous pouvons finir notre repas sous l’auvent mais bien ventés quand même.



Le temps se dégrade rapidement et les couleurs au-dessus de l’océan sont belles mais impressionnantes. Soudain un grand coup de vent s’engouffre sous l’auvent qui soulève les pieds. J’en tiens un comme je peux et le temps à Cyril d’attraper le second le pied se soulève, vrille et se tort. Alors que l’on se bat avec la toile et sachant que nous sommes au milieu de nulle part, débarque un pickup de police d’où sortent 4 policiers. Cyril fini par maîtriser la situation critique de l’auvent… Ils viennent vers nous d’un pas décidé mais très souriant. Ils sont tout heureux de voir des français ! Ils nous rassurent en nous disant qu’on peut rester là et qu’ils allaient faire des rondes dans la nuit (heu… des rondes ? Donc ça craint ?!). Par contre, ils sont surtout venus nous avertir d’un avis de tempête avec fort coups de vent du nord et grosse pluie (non… Du vent ? Tiens donc !). Décidemment si les éléments se déchaînent contre nous maintenant ! Nous discutons 5 minutes et ils nous conseillent de mettre le camion dans le sens du vent (ce que nous allions faire). Nous finissons par échanger nos téléphones au cas où nous en aurions besoin. Soit.


Nous allons nous balader sur la plage mais il faut vite rentrer car la pluie et le vent redoublent d’intensité.




Mardi 30 novembre

Coucher de soleil magique


La nuit fût très agitée mais le camion ne s’est pas trop balancé car nous étions très bien placés. Cependant même si la tempête est passée le temps est à la grisaille, tout est mouillé dehors, les vagues remue l’eau qui a viré au marron et surtout des sargasses se sont répandues tous le long de la plage. C’est très moche. Pas question de mettre un pied dans l’eau pour aujourd’hui! Car oui, à ce stade nous avons encore un espoir…


Durant la journée, je cuisine un peu, Cyril termine sa vidéo, on se balade sur la plage avec Alexandre qui cherche des superbes coquillages et Paco qui déniche des crabes qui n’ont rien demandé dans les galeries qu’ils font dans le sable !