• Claire

#5 Une semaine d'impatience





Jeudi 11 novembre 2021

« Les Français relous »


L’hôtel dans lequel nous nous installons est situé au bord du port à 10 mètres tout au plus de l’eau. Nous débarquons du taxi jaune avec nos bagages encombrant, dire que c’est la dernière fois qu’on les charrient ! Il n’est pas loin de 10 heures. Nous pénétrons dans le hall pour effectuer le check’in et je vois tout de suite que la réceptionniste tique sur la cage de Paco. Alors que Cyril libère notre fauve, Elle nous dit aussitôt « Non ! Le règlement ! Il ne doit pas toucher le sol ! Laissez-le dans sa cage svp ». Je reste interloquée, bon, ok nous nous exécuterons…Lors de la réservation il n’était pas question de cette contrainte mais juste d’un supplément de 200 pesos par jour et d’une caution de 1000 pesos pour les dégâts qu’il pourrait occasionner mais jamais qu’il ne pouvait pas sortir de sa cage pendant une semaine !! C’est dingue comme les mexicains n’ont pas l’habitude de voir des chiens de compagnie, des chiens soignés et choyés. On voit beaucoup de chiens errants, décharnés, tristes parfois agressifs, les femelles avec des mamelles déformées à force de mises bas répétées, on comprend vite pourquoi Paco est considéré comme un parias. Mais nous ferons avec ces contraintes.


Le check’in fini, un employé, un homme baraqué habillé en uniforme militaire, nous aide à porter les sacs et nous montre la chambre. Elle est plutôt petite avec 2 grands lits, une salle de bain propre et fonctionnelle, une clim, vue sur l’océan depuis un tout petit balcon, cela fera largement l’affaire pour attendre l’arrivée de Bumblebee !


Fièrement notre pseudo militaire nous allume la tv et la climatisation, je lui donne un petit pourboire et il disparait l’air satisfait. J’éteins la tv, baisse la climatisation et nous sortons nos téléphones pour sonder le saint graal j’ai nommé le wifi ! Là patatras… Le wifi est complétement à la ramasse. Nous sommes très embêtés car nous comptons sur ces quelques jours de farniente pour mettre à jour nos réseaux sociaux et sortir une vidéo sans compter que pour Alexandre le wifi c’est la vie ! Je me décide donc à aller à la réception pour voir s’il existe une solution. Apparemment lorsque j’explique que j’ai besoin du wifi pour travailler à la réceptionniste elle a l’air d’être bien au courant du problème et nous propose aussitôt de changer de chambre. Ce que nous faisons dans la foulée. Effectivement, c’est bien mieux pour le wifi par contre on hérite d’une climatisation ancestrale qui fait un bruit de réacteur. On ne peut pas tout avoir non plus. On s’installe, plutôt satisfait, les « français relous » c’est nous !



Après une graaande balade sur le port où nous avons pu observer des raies manta, on s’installe sur un des seuls petits restaurants ayant une terrasse (chien oblige) qui ne paye pas de mine. Des tables en plastique plus ou moins nettes, un serveur authentique moyennement propre sur lui, une arrière cuisine que je n’aimerai pas visiter bref, juste un restaurant dans lequel je n’aurai mangé en France. Mais nous ne sommes plus en France ! Et ici c’est ainsi ! Nous choisissons où manger, en regardant les plats que les clients mangent et également en regardant s’il y a beaucoup de locaux attablés. En général, on est pas déçus. Nous commandons, merci google traduction ! Le repas est bon, sans plus. Alexandre et Cyril mange une sorte d’escalope panée et moi des crevettes à l’ail. Ils proposent toujours quelques tortillas chaudes, enveloppées dans un torchon, c’est un peu le pain du Mexique. Il y très peu de desserts voir pas du tout dans les restaurants. Nous nous achetons une glace chacun au Oxxo du coin que nous dégustons devant le port avant de rentrer nous reposer au frais car il ne fait pas loin de 30° et le soleil est vraiment brulant.


Avec Alexandre je monte au 6ème étage pour profiter de la piscine sur le toit. L’endroit est impressionnant nous avons une vue à 360° avec en toile de fond, l’océan. Alexandre se baigne mais au bout d’une vingtaine de minutes il sort rapidement complétement paniqué comme s’il avait vu un requin sous l’eau !! Il veut redescendre rapidement à la chambre. Je le raisonne mais je vois vraiment que ce n’est pas de la comédie, il se sèche et nous partons. Je ne sais pas s’il a eu soudain le vertige ou s’il a fait le rapprochement de l’endroit avec un de ces films catastrophes qu’il regarde un peu trop souvent…

La vue depuis la piscine est époustouflante !


Le soleil décline vers 16 heure 45 et il fait nuit noire vers 17h30. C’est une ambiance particulière et nous avons encore du mal à nous y faire. C’est perturbant.

A la tombée du jour, les marchands ambulants s’affairent devant l’hôtel, c’est tout une organisation. Chaque étal est emballé dans des bâches en plastique puis soigneusement ficelé. Autrement dit les « marchandises » restent en place sans surveillance le restant de la nuit… Essayez de faire ça en France et vous retrouverez votre étal pillé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…C’est très festif. Il y de la musique, des discussions et des rires, bref, la vie bat son plein aux pieds de l’hôtel, c’est agréable. Les mexicains sortent de chez eux et se promènent le long du port profitant du clair de lune et de la pseudo fraîcheur jusqu’à très tard. A gauche de l’hôtel, sur la petite place où nous avons mangé ce midi, un groupe de femmes en tenue de sport s’adonnent à un cours de Salsa, la sono à fond, un peu plus loin, un groupe fait du roller également en musique. C’est dans ce gentil brouhaha que nous nous endormons.




Vendredi 12 novembre 2021

On en prend pour 10 ans !


Ce matin Cyril a rdv à 8 heures chez Claudia, notre transitaire de chez Cerventes pour commencer les démarches pour sortir Bumblebee du port. Le cargo n’est pas encore arrivé mais cela va avancer les choses. Il part à pieds (2,5 kms) et se rend dans leur bureau. Une heure plus tard, Alexandre dort encore, Cyril me demande de venir pour signer un document et aller payer la taxe d’importation en personne (pourtant il figure aussi sur la carte grise…). C’est la panique, je réveille Alex et j’essaie de le motiver en lui promettant un bon petit déjeuner. Paco sous le bras, nous traversons le hall et montons vite dans un des taxis qui stationnent devant l’hôtel. Nous arrivons au bureau, Louis Cerventes me fait signer des documents puis m’embarque dans sa voiture. Après 5 minutes d’un trajet digne du film taxi il me laisse sur le trottoir de la banque « Banjercito » où Claudia, qui venait de terminer avec deux autres voyageurs, me prend en charge. Elle m’explique rapidement ce qui allait se passer. Les démarches sont finalement très simples, il suffit de se laisser guider. Nous discutons dans le bureau de la responsable du service d’importation de Veracruz, elle me pose quelques questions puis m’emmène au guichet faire le paiement. Je m’acquitte de 1248 pesos soit 53 € et elle me délivre le document officiel : Bumblebee a le droit de circuler sur le sol mexicain durant 10 ans ! Il y a la queue devant la banque et il y a énormément de monde qui attendent patiemment leur tour. Cet établissement est exactement la Banque Internationale de l’armée de l’air et de la Marine. Bien entendu, il y a des gardes armés jusqu’aux dents qui veillent sur tout ce petit monde.


Du coup, nous économisons une caution de 400 € parce que Claudia a réussi à faire passer Bumblebee pour un « camper » et non pas un « fourgon » comme l’atteste la carte grise. C’est toujours ça de gagné, merci Claudia ! C’est elle qui me ramènera au bureau où nous terminons les démarches. Elle nous propose ensuite de nous ramener à l’hôtel, nous acceptons volontiers ! C’est vrai que les services d’un transitaire sont assez chers mais je conseille vraiment d’en prendre un dans un pays comme le Mexique.

Lorsque nous sommes de retour à l’hôtel il est environ 14 heures et nous partons pour l’activité préférée d’Alexandre, choisir un restaurant ! Nous marchons un peu et trouvons un restaurant bien sympathique. Nous goûtons au « pescado al mojo de ajo » (poisson à l’ail frit à la mexicaine), c’est une tuerie !




Après une balade sur la jetée qui fait quand même deux kilomètres dont la moitié est une plage de sable noir, nous rentrons à l’hôtel.





Chacun s’occupe, la nuit tombe, il est 17h30. Depuis le balcon nous contemplons la vie nocturne sur le port de Véracruz…






Samedi et dimanche 14 novembre 2021

Véracruz by nignt !

Les jours se suivent et se ressemblent. On ne va pas se plaindre non plus mais on trouve le temps un peu long.


Nous découvrons la ville côté port qui compte quelques beaux bâtiments.



Puis le centre-ville samedi qui grouillait littéralement de mexicains, un peu comme en France le premier jour des soldes.


Je suis surprise par des magasins d'un autre temps... Des robes de princesses en vitrine m'interpelle, je me renseigne un peu et j'apprend qu'une des fêtes familiale la plus importante est celle des "15 ans"., véritable rite de passage entre l'état de jeune fille et celui de la femme. Sans doute un résidu de la tradition du premier bal des jeunes donzelles de l'aristocratie espagnole à l'époque coloniale. De nos jours les familles économisent de longs mois et se saignent aux quatre veines pour pouvoir payer la somptueuse robe de l'héroïne du jour, sa couronne de strass, le smoking des garçons d'honneur, le repas offert à pratiquement tout le village, l'immense pièce montée de 3 mètres de haut, sans oublier l'orchestre de mariachis sans lequel on ne saurait imaginer une fête mexicaine. Tout ça coute une petite fortune et il est de tradition de faire appel à des "parrains" qui participent financièrement.





Nous cherchions un nouveau chargeur pour notre mac qui avait rendu l’âme. En nous renseignant un peu, un mexicain nous conseille la « place de la technologie » c’est une sorte de couloir avec, de part et d’autres, des mini boutiques spécialisées (accessoires portables, chargeurs d’ordinateurs, prises en tout change, bref je pense que l’on y trouve vraiment de tout) c’est juste extraordinaire ! Notre chargeur, en France, ne se trouve que sur Amazon pour pas moins de 90 €, ici, au Mexique nous l’avons trouvé tout de suite pour 840 pesos soit 35 € !! Ha… Nous aimons vraiment ce pays !



Nous sommes toujours dans les rues du centre-ville quand la nuit tombe. Les rues, déjà bien animées, le deviennent encore plus. Il y a de la musique partout provenant pratiquement de chaque boutique, les lumières scintillent et clignotent partout même les bus s’illuminent et se transforme en véritable sapin de noël ambulants, le ballet des puestos, petits bouis-bouis ambulants ont envahis les rues et proposent des tacos (galettes garnies de viande ou de poulet), des quesadillas (tortillas garnies de fromage, champignons ou autres) ou de tortas (sandwichs).






La nuit est bien là, nous voilà donc à pieds dans les rues du centre-ville de Veracruz… La chaleur ne tombe pas pour autant il fait encore très lourd. Nous accélérons le pas et après un bon quart d’heure de marche nous voilà à l’hôtel. A aucun moment nous nous sommes sentis en insécurité, même lorsqu’on a dû traverser des quartiers très populaires, mais nous essaierons de ne pas renouveler l’expérience par prudence à l’avenir. Pour des raisons évidentes de sécurité je n'ai fait aucune photos ce soir là...


Après une bonne douche nous grignotons quelques gâteaux achetés en ville et quelques fruits. Pour l’alimentation aussi il nous tarde de retrouver Bumblebee ! Parce que depuis notre départ disons que question équilibre alimentaire ce n’est pas top !


Dimanche matin nous nous réveillons dans une chaleur humide très désagréable. Après vérification la clim a décidé de faire grève ! Je file voir ma réceptionniste préférée pour l’en informer he bien devinez quoi ? Allez ! On rechange de chambre ! La climatisation avait vraiment rendu l’âme, en même temps, avec le bruit qu’elle faisait rien d’étonnant. Pour le coup nous héritons d’une chambre avec climatisation silencieuse mais avec un wifi moyen, on ne peut pas gagner à tous les coups…


Lundi 15 novembre

Bumblebee montre le bout de son nez !


Je me réveille vers 7heure et je ne vois pas Cyril dans son lit. Il n’est pas allé promener Paco puisqu’il dort encore. Je commence à me poser des questions au bout d’une heure et je me décide à l’appeler quand je reçois une photo du cargo, notre cargo !! En fait il vérifiait tous les jours sa position et quand il a su qu’il arrivait à 6heure il s’est précipité au port !


Après avoir pris un bon petit déjeuner, Alexandre, Paco et moi nous nous rendons sur le port rejoindre Cyril. Nous marchons quelques minutes sous un soleil de plomb et nous l’apercevons enfin ! Le cargo est immense. Sa mâchoire béante crache des véhicules de toutes tailles. Son énorme ventre se vide peu à peu et Cyril guette le moment où se serait le tour de Bumblebee… Nous attendons avec lui patiemment.



Pendant ce temps, sur le quai nous observons « los sacamonedas del malecon de Veracruz ». Des jeunes, qui font l’attraction touristique sur la promenade du port, jettent ou font jeter une pièce de 5 pesos dans l’eau, plongent et la récupèrent. Parfois, ils remontent des coquillages, oursins et les offrent aux touristes pour quelques pesos ils s’adonnent à cette activité de jour comme de nuit pour gagner leur vie.


Cela fait 2 heures que nous contemplons cette valse incessante de véhicules en espérant voir Bumblebee mais apparemment il fera partie des derniers. Il y a des véhicules minuscules et d'autres surdimensionnés !






Cyril ne veut absolument pas rater ce moment donc Alexandre et moi le laissons et allons manger. Il nous rejoint 30 minutes plus tard excité comme une puce. Il l’a vu ! Il l’a filmé ! Bumblebee a bel et bien débarqué ! Les soutes n’ont pas l’air endommagées par contre quelque chose pendouille depuis le plafonnier de l’habitacle…






La journée se passe tranquillement, il fait vraiment très chaud. Nous guettons notre messagerie WhatsApp au cas où Claudia nous envoie une bonne nouvelle !


Cyril envoie un message avec une vidéo de son camping-car débarquant du cargo à Bruno, le voyageur qui avait déposé son véhicule en même temps que nous à Anvers et avec qui nous étions en contact et que nous avions ramené au centre-ville avec notre voiture. (Épisode I). Il est ravi et soulagé. Il arrive demain avec sa famille à Véracruz après quelques péripéties (vol de transit mexico annulé).


Nous nous endormons soulagés et plein de rêves dans la tête…


Mardi 16 novembre 2021

On trouve le temps long !


Après le petit déjeuner je propose à Alexandre de retourner à la piscine. Après une longue réflexion il accepte. Il se baigne presqu’une demie heure mais le vent très fort l’embête et ne le rassure pas. Même moi j’ai du mal à lire. Nous redescendons et optons pour une petite balade au cours de laquelle on observe la danse des cormorans et je fais quelques photos puis nous allons acheter de quoi faire des sandwichs à midi et quelques bouteilles d’eau à l’Oxxo du coin et recharger nos téléphones.





Vers 18h Bruno nous confirme qu’il est bien installé dans son appartement airbnb où nous le rejoignons pour faire la connaissance de Myriam, son époused et de ses deux filles autour d’un apéro. Nous discutons bien sûr de voyages mais surtout de nos véhicules et des formalités à venir pour le sortir du port. Cette petite soirée nous fait du bien et nous change du quotidien qui est le nôtre depuis une semaine ! (Tout est relatif on n’est pas à plaindre non plus !)


Toujours pas de message de Claudia, peut-être demain ?


Mercredi 17 novembre 2021

Demain c’est le grand jour ?


Nous avons envie d’avancer les aiguilles de nos montres ! Mais bon, j’avoue que cela ne sera pas d’une grande utilité …


Claudia nous a enfin convoqué pour les formalités douanières. Cyril part au bureau Cerventes. Claudia l’amène avec 6 autres voyageurs au port. Là, Il ouvre le camion, ouf ! Il n’y a pas trop de casse je dis pas trop car « ils » nous ont quand même volé un fer à souder qui trainait dans l’habitacle (pourtant bien caché) et ils ont démonté le filet du dessus (d’où les fils qui pendaient), ils ont rabattu le siège conducteur, sont montés dessus (traces de godillots) et ils ont essayé de se hisser dans la cellule mais l’espace étant trop petit ils n’ont pas pu entrer. Ils ont un peu démonté une boite déco sur le mur et on pris également mon épilateur fétiche qui était pendu dans un filet accroché au mur un peu trop près de l’habitacle…mais franchement on s’en sort très bien ! Tout ce qu’ils nous ont volé résulte d’une négligence de notre part et on a qu’à nous en prendre à nous même…





Cyril sort quelques affaires du camion (celles que les douanes lui disent de sortir, autant dire pas grand-chose du tout) et là l’inspection du chien commence… Bon, la drogue et les armes étant bien camouflées ils n’ont rien trouvé ;-)





Hélas, les papiers officiels d’importation de seront pas prêts aujourd’hui. Claudia nous informera quand nous pourrons sortir Bumblebee du port. Autant vous dire qu’on attend encore son message avec attention !


Je prolonge notre séjour d’une nuit supplémentaire. J’espère que ce sera la dernière nuit d’hôtel ici…


Nous nous retrouvons vers 18heures avec Bruno, Myriam et ses enfants. Myriam me dit qu’elle vient de voir une tortue marine nager ! Nous nous empressons de voir si elle y ai toujours et là … Waouh !! Notre première tortue !! Elle est magnifique…




Nous nous baladons un peu sur la promenade du port au clair de lune. Nous allons manger ensemble dans un petit restaurant où ils cuisinent à la française, burger et frites délicieuses (si si ! ça fait du bien de temps en temps, je vous assure ;-))





Mon téléphone retenti… J’ai une notification WhatsApp ! Oui ! C’est Claudia qui nous convoque pour 10h demain !


Nous nous couchons sereins, demain sera le jour J pour notre road trip !!


Jeudi 18 novembre 2021

Et c’est parti !


Cyril part au bureau Cerventes. Les démarches sont un peu laborieuses mais on nous avait averti ! Il faut prendre son mal en patience…




Une fois le permis d’importation en poche Cyril commence une interminable queue pour sortir du port… Il arrivera à l’hôtel où nous l’attendions avec impatience à 14 heures ! Mais peu importe, on est contents, Bumblebee est là c’est le principal.


Nous avalons nos tout premiers kilomètres en direction du Bocal del Rio non loin de Véracruz pour tout checkquer et ranger tranquillement dans un camping répertorié dans Ioverlanders… Mais ça c’est une autre histoire !



















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